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Dossiers FPTFC / Métiers trad. masculins / Documentation / Châtelaine, nov. 1997 / Line Tremblay
Line Tremblay
Mécanique du bâtiment
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Line.gif (13819 octets) Du haut de ses quatre pieds onze pouces, Line Tremblay contemple l'avenir avec optimisme.

Que fera-t-elle une fois son diplôme de mécanique du bâtiment en poche ? « Les avenues sont nombreuses : décrocher un emploi, travailler pour l'entreprise familiale, m'établir à mon compte. J'ai aussi l'intention de poursuivre mes études, à temps plein ou à temps partiel, selon que je travaillerai ou pas. » Ses choix : l'École polytechnique ou l'École de technologie supérieure.

Lauréate dans sa région du concours « Chapeau, les filles ! », Line Tremblay a aussi mérité le prix OSE Colloque Rhône-Alpes Québec Lyon. En avril dernier, elle a passé 10 jours en France, pendant lesquels elle a assisté au colloque « Les femmes dans les métiers non traditionnels », qui se tenait à Lyon. Elle a aussi profité de son séjour pour visiter des entreprises, des centres de formation, des lycées. Line s'est particulièrement intéressée au problème de l'équité salariale. Les conditions d'embauche sont-elles meilleures là-bas ? « C'est pire qu'ici. Les femmes qui sollicitent un emploi dans les secteurs non traditionnels se font demander par l'employeur si elles ont un conjoint, des enfants, si elles ont l'intention d'en avoir... »

Originaire du Lac-Saint-Jean, Line Tremblay a été élevée dans une famille de garçons, qui ont décidé tout naturellement de faire comme leur père : de la mécanique du bâtiment. Line, elle, après avoir obtenu son diplôme d'études collégiales en sciences humaines avec maths, s'est dirigée vers les communications, à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Trois ans plus tard, baccalauréat en animation et recherches culturelles en poche, elle est engagée par le gouvernement du Québec. Mais après six mois, son poste est aboli et elle doit chercher du travail ailleurs : elle devient alors gérante d'une boutique de vêtements pour enfants... jusqu'au jour où un burn-out la force à abandonner.

« Dans ma spécialité, il n'y avait que du travail à la pige. J'ai pensé que la meilleure chose à faire était
de retourner aux études. » C'est son conjoint qui la pousse à se rendre à une journée portes ouvertes au cégep de Saint-Hyacinthe. « Deux programmes m'intéressaient : celui en textile et celui en technologie de la mécanique du bâtiment. Ça ne m'était jamais venu à l'idée que je pourrais aimer ça. Pourtant, la mécanique du bâtiment me coule dans les veines : mon grand-père, mon père, mes oncles, mes frères sont tous dans le domaine de la plomberie et du chauffage. »

La réaction de la famille a quand même été surprenante. « Mes grands-parents étaient très fiers. Mon père a d'abord été surpris, puis il s'est fait à l'idée. Dernièrement, il m'a demandé de jeter un coup d'oeil à ses plans. Mon frère aîné, lui, me taquine. Mais quand j'ai fait part au plus jeune de mon choix, il s'est exclamé : "Hein... pas rapport !" »

Line Tremblay a de l'énergie à revendre et ne s'en laisse pas imposer. Mais elle avoue que la première année d'études en mécanique du bâtiment a été très difficile. « Nous étions deux filles sur un total de trente étudiants divisés en deux groupes. Dans le mien, personne ne voulait travailler avec moi. Si je n'avais pas eu mon chum pour m'encourager, j'aurais probablement abandonné. »

Line a persévéré et obtenu une moyenne de 93 % pour l'année. « En deuxième année, c'était mieux. J'ai commencé à aimer ça. » La troisième s'annonce prometteuse.

Mais, au fait, qu'est-ce au juste que la technologie de la mécanique du bâtiment ? « C'est tout ce qui contribue au confort des gens : chauffage, climatisation, aération, gestion d'énergie, réfrigération. »

Vous, hésiteriez-vous à confier votre bien-être à une jeune femme de 27 ans, qui ne fait pas cinq pieds et qui doit faire faire ses bottes et ses gants de travail sur mesure parce que les magasins ne tiennent pas sa pointure? Après l'avoir rencontrée, moi, je n'hésiterais pas une seconde !

Mise à jour : Novembre 2004