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Dossiers FPTFC / Métiers trad. masculins / Documentation / Châtelaine, nov. 1997 / Renée Gaudette
Renée Gaudet
Pâtes et papiers - Opérations
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Renée au travail

Elle connaît le monde de la pêche et de la chasse par coeur. Jusqu'à l'âge de 17 ans, c'est dans la pourvoirie de ses parents que Renée Gaudet a passé ses vacances scolaires. La famille tenait le magasin général, le bureau de poste, le garage ouvert 24 heures sur 24. « Dans une pourvoirie, les travaux à accomplir sont énormes, dit-elle, et les femmes sont loin d'être confinées aux tâches ménagères. »

Ses études secondaires terminées, Renée s'inscrit à un cours de secrétariat. Après un an au service de la Commission scolaire Ville-Marie, elle travaille au gouvernement fédéral, à titre de responsable de secteur, au Témiscamingue, à la Commission de formation professionnelle.

Elle y reste 12 ans. L'Université du Québec donne des cours dans la région. Tout en travaillant, elle accumule les certificats : administration, relations de travail, gestion des ressources humaines.

Avec une amie, Renée Gaudet ouvre ensuite son propre bureau de consultation en ressources humaines. Une occupation qu'elle abandonne après quelque temps pour suivre son conjoint qui, pour les besoins de son travail, s'installe en Montérégie. Renée décroche alors un poste de coordonnatrice main-d'oeuvre et formation dans une entreprise de la Rive-Sud.

Enfin casée? « Pas tout à fait. Deux ans plus tard, il m'a annoncé, toujours à cause de son travail, qu'il partait à Lebel-sur-Quévillon. Là, je vous avoue que j'ai hésité. Déménage? Déménage pas? Je me suis longuement posé la question. » Finalement, Renée décide de l'accompagner. Mais, sur place, les choses se compliquent. Malgré des recherches intensives, elle n'a toujours pas trouvé d'emploi 12 mois plus tard. « J'avais pourtant offert mes services partout. J'ai alors commencé à penser à retourner aux études. Comme la région compte trois grandes papetières, je me suis dit que je devais m'orienter dans ce secteur. »

Aujourd'hui, Renée Gaudet a ajouté une nouvelle corde à son arc. Elle a suivi le cours « Pâtes et papiers - Opérations » et connaît le procédé de fabrication du papier de A à Z. « L'expérience n'a pas été facile. Seule fille dans une classe de huit, j'ai songé à certains moments à abandonner. »

Pourquoi n'y a-t-il pas plus de femmes dans les métiers non traditionnels? « C'est bien simple, dit-elle, les gars les découragent. On met beaucoup de pression sur elles; et il leur faut une bonne dose de ténacité pour persévérer. »

Renée, elle, n'en manque pas. Elle en a fait la preuve. À ceux qui un jour lui ont demandé « avec un corps de femme, qu'est-ce que vous faites ici? », elle a répondu avec sa « tête de femme ». Elle est arrivée première de sa classe. Lauréate régionale du concours « Chapeau, les filles! », Renée a également mérité le prix OSE en ressources naturelles.

Depuis août dernier, Renée Gaudet travaille à l'usine de papier Norkraft Quévillon inc. « Je remplace l'agente de personnel partie en congé de maternité. Le fait de connaître la fabrication du papier a sûrement favorisé ma candidature. »

Mise à jour : Novembre 2004