La FPT au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport
Dossiers FPTFC / Métiers trad. masculins / Documentation / Châtelaine, nov. 1997 / Sophie Boisvert
Sophie Boisvert
Électromécanique de systèmes automatisés
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Sophie au travail À 30 ans, Sophie Boisvert a enfin trouvé sa vocation. « Mais il n'y a pas si longtemps, j'étais l'exemple parfait de quelqu'un de mal orienté », dit-elle. Au sortir du secondaire, c'est vers les arts plastiques qu'elle se dirige. Au bout d'un an, elle abandonne et se tourne vers la restauration. Tour à tour, elle est plongeuse, serveuse, barmaid.

Après quelques mois comme réceptionniste dans un journal, c'est le retour au cégep. En sciences pures cette fois, car l'année suivante, Sophie compte s'inscrire en techniques équestres.

La discipline est contingentée, les postulants, nombreux. Quand on refuse sa candidature, elle abandonne de nouveau les études collégiales.

Mais Sophie n'est pas fille à se tourner les pouces. Et hop! la voilà qui devient chauffeuse dans une entreprise spécialisée dans la vente et l'entretien d'outils. Une révélation. « C'est à ce moment que j'ai réalisé que j'aimais le travail manuel. En compagnie de mon père, je faisais le tour des garages. J'ai découvert un univers dans lequel je me sentais bien. »

Sophie Boisvert venait de déménager à Longueuil lorsqu'elle a vu dans le journal une annonce d'ONT (Options non traditionnelles), un programme d'orientation pour les femmes. Elle s'inscrit et devient une des 15 candidates - sur une centaine - à être acceptées. La session dure six semaines. Pendant ce temps, elle apprend à connaître ses points forts, ses faiblesses. Se familiarise avec les ressources disponibles. Effectue des visites dans les entreprises.

« À la fin de la session d'orientation, chacune d'entre nous devait arriver avec deux choix de carrière. Moi, j'aimais tout. J'ai donc décidé de poursuivre des études en électromécanique, car cette discipline permet de se débrouiller dans tous les domaines, sans être spécialiste dans aucun. »

Sa classe comptait seulement deux filles. Nullement intimidée, Sophie n'hésite pas une seconde à poser des questions. « D'ailleurs, on m'avait surnommée "pourquoi". » En mars 1997, après 15 mois d'études, 1 800 heures de cours et bien des soucis financiers (Sophie, qui vit seule, reçoit 125 $ d'assurance-emploi par semaine), elle décroche son diplôme d'études professionnelles en électromécanique de systèmes automatisés.

« Dans ma discipline, on n'engage que trois ou quatre personnes par usine. Je passais environ 10 entrevues par semaine. Chaque fois, on me mettait sous le nez mon manque d'expérience. » Bien décidée à en acquérir, Sophie accepte un poste exigeant moins de qualifications que celles qu'elle possède. Aujourd'hui, Sophie Boisvert est opératrice de machinerie industrielle. Première femme à avoir été engagée par son entreprise, elle a été promue inspectrice deux mois après son arrivée. « Actuellement, je prends de l'expérience, mais c'est clair qu'à long terme, je veux travailler dans mon domaine. »

C'est en lisant une affiche sur les murs de l'école que Sophie Boisvert a appris l'existence du concours « Chapeau, les filles! ». S'attendait-elle à gagner? « Pas du tout. J'ai été à la fois surprise et flattée. »

Mise à jour : Novembre 2004