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5 questions à un directeur de centre de formation professionnelle

Publié le : 12 Décembre 2022

Alain Bourque, directeur du centre de formation professionnelle de Verdun, a accepté de répondre à nos questions à l’occasion des Olympiades locales qui se tenaient dans son établissement le 29 novembre.

Devenir le directeur d’un centre de formation professionnelle

Avant d’occuper le poste de directeur du CFP de Verdun, Alain Bourque est passé par le secteur des jeunes en au niveau de la direction d’écoles primaires et secondaires. À ses côtés, Claude Latendresse, enseignant en mécanique automobile.

J’ai pris la direction du centre depuis deux ans et demi environ. Auparavant, j’étais plus investi dans le secteur des jeunes en au niveau de la direction d’écoles primaires et secondaires ainsi que d’un service dans un centre de service scolaire. Mon parcours est d’ailleurs relativement classique avec un cursus cégep-université puis enseignement et direction.

Curieux de nature, après être passé par ces différents paliers, j’ai souhaité découvrir un nouveau domaine et une nouvelle clientèle, celle des adultes. Ma direction générale a accepté ma demande de mutation au courant de l’année 2020 et j’ai pu commencer mon mandat de directeur du centre.

Apprendre et transmettre

En arrivant au CFP de Verdun, Alain Bourque a immédiatement été marqué par le professionnalisme de ses équipes et lien prégnant avec le marché du travail.

Si je connaissais des collègues qui enseignaient en FP ou les noms de certains DEP, je n’avais jamais réellement été exposé à la réalité d’un centre de formation professionnelle. Ma curiosité m’a porté à aller vers ce domaine pour lequel je n’avais pas beaucoup d’expérience. Cela constituait en fait la beauté du défi à relever : je devais faire mes marques et apprendre des autres, mais également transmettre.

Lorsque mes enseignants intègrent le CFP, ils connaissent extrêmement bien leur métier, mais peuvent parfois avoir besoin d’un appui pédagogique pour faciliter leur enseignement. C’est entre autres à ce niveau que je peux apporter ma contribution en m’appuyant sur mes précédentes expériences professionnelles.

Découvrir la formation professionnelle

La méconnaissance de la FP est un enjeu important qu’il faut résoudre explique-t-il.

Le côté professionnel est extrêmement poussé. Les élèves sont là pour apprendre un métier et cela se lit dans l’investissement et le temps consacré pour la réussite des élèves.

La grande majorité des cours sont donnés par des personnes qui sont passées par le marché du travail et cette mentalité apporte une réelle plus-value aux cours. Si un problème survient, il est identifié et tout de suite on passe en mode solution. On pourrait même dire que leur savoir-être et leur savoir-faire sont peut-être plus développés que d’autres personnes.

« Il est primordial que le personnel primaire et secondaire soit formé. Une courte formation de quelques heures serait un bon début afin que le personnel des écoles soit mieux informé des choix de parcours en FP dès le secondaire. »

Alain Bourque, directeur du centre de formation professionnelle de Verdun

Des mythes ?

Plusieurs mythes sont à déconstruire. Trop souvent, on pense que la formation professionnelle est une fin en soi. Un diplôme scolaire isolé des autres, sans passerelle. Les possibilités sont pourtant là et il est toujours envisageable de prolonger son cheminement scolaire vers le cégep ou l’université.

Si je reviens à mon parcours, lorsque j’enseignais les mathématiques à ma classe de 3e secondaire, je leur disais « Vous êtes sur une plaque tournante, si vous allez vers tel cours de mathématiques vous allez vous ouvrir quelques portes au cégep, si vous allez vers celui-ci, toutes les portes du cégep vous seront ouvertes ». Avec le recul, je me rends compte que je n’ai jamais parlé de FP.

C’était méconnu au point où l’idée d’en parler ne me traversait même pas l’esprit. Et mon cas est symbolique, la FP ne fait pas partie du parcours de beaucoup de personnes. C’est un problème auquel il faut remédier.

Une formation provinciale

Il est primordial que le personnel primaire et secondaire soit formé. Une courte formation de quelques heures serait un bon début afin que le personnel des écoles soit mieux informé des choix de parcours en FP dès le secondaire.

On sait bien que les parents vont vouloir que leurs enfants aillent au cégep puis l’université pour être docteur ou encore avocat. Mais si ni les parents ni le personnel des écoles ne connaissent les possibilités de formations et de carrières qu’offre la FP, c’est certain que le jeune ne sera pas amené par lui-même à se diriger vers cette voie.

Pour remédier à cela, et j’en discutais d’ailleurs avec Jean-Bernard Émond, adjoint parlementaire du ministre de l’Éducation, il serait intéressant d’avoir une formation nationale de quelques heures afin de sensibiliser le personnel des écoles primaires et secondaires du Québec, car c’est également à eux que revient la tâche de présenter aux élèves l’ensemble des parcours scolaires à leur disposition.