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Alexandra Chaumont, la peinture pour dessiner son futur

Par Compétences Québec,
Alexandra Chaumont
Alexandra a intégré le centre de formation professionnelle de Jonquière où elle a obtenu son DEP en peinture de bâtiment.

« Lorsque j’avais 8 ans, mon grand-père était concierge dans un immeuble de 94 logements, il me confiait un pinceau pour que je peigne les garde-robes. Je le suivais et l’aidais », se souvient Alexandra Chaumont, 22 ans, peintre en bâtiment dans la région de Saguenay. Dans le milieu très masculin des chantiers de construction, la jeune femme s'épanouit dans son travail où elle a bien fait sa place. Pourtant, son parcours n’a pas été un long fleuve tranquille.

Alexandra Chaumont qualifie son enfance d’un peu chaotique : « J’ai été élevée par une mère monoparentale qui a fait tout ce qu’elle pouvait, mais nous avons déménagé une vingtaine de fois et j’étais victime d’intimidation à l’école. Lorsqu’Alexandra entame sa 5e année, elle déménage de la région montréalaise au Saguenay : « Je me suis dit nouvelle ville, nouvelle vie! » La fillette se fait des amies. Première de classe, participante à Expo-Sciences, elle traverse quelques belles années avant d’entrer dans la crise d’adolescence : « Mes années secondaires ont été très difficiles ». Démotivée, sa présence à l’école se fait de plus en plus rare, jusqu’à ce qu’elle se fasse mettre à la porte au milieu du secondaire 5.

Elle travaille à l’époque dans une épicerie, mais n’aime pas vraiment cela. Elle tente un retour à l’école des adultes, mais abandonne, même chose pour l’école à distance et l’école de soir. À 17 ans, elle déménage à Montréal avec une amie, cherche sans succès un emploi puis aboutit dans un Carrefour Jeunesse Emploi (CJE), un organisme qui aide les jeunes de 16 à 35 ans à développer un projet de vie, à l’école ou sur le marché du travail. Alexandra participe à différents ateliers, envisage de retourner à l’école des adultes quand l’idée d’étudier dans un métier germe dans son esprit. « Si on a abandonné l’école et que l’on n’aime pas vraiment ce que l’on fait, il faut essayer d’améliorer son sort. Je crois que tout le monde a un talent ».

L’école prise deux

Alexandra Chaumont
Son expérience des olympiades ? « C’est une expérience wow ! la meilleure de toute ma vie. Cela m’a permis de voir ce dont j’étais capable, appris à travailler sous pression, à faire fi des distractions à me concentrer. J’en ressors fière ».

C’est en s’inscrivant au Centre de formation professionnelle de Jonquière qu’Alexandra réussit à mener à bien un projet : l’obtention d’un DEP en peinture de bâtiment de 1 800 heures. Elle confie que cela n’a pas été facile de se remettre sur le chemin de l’école, mais cela en a valu la peine : « J’ai adoré ma formation. C’était parfois difficile d’être présente aux cours le matin, mais j’ai trouvé la force de persévérer, mon enseignant croyait en moi, et j’avais d’excellents résultats, ce qui m’encourageait ».

En 2018, Alexandra s’est entraînée pour les Olympiades québécoises des métiers et des technologies à Montréal. Elle y a vécu des difficultés et du stress, mais elle a terminé avec la médaille d’argent. « C’est une expérience wow ! la meilleure de toute ma vie, raconte-t-elle. Cela m’a permis de voir ce dont j’étais capable, appris à travailler sous pression, à faire fi des distractions à me concentrer. J’en ressors fière ».

[les Olympiades] C’est une expérience wow ! la meilleure de toute ma vie. Cela m’a permis de voir ce dont j’étais capable, appris à travailler sous pression, à faire fi des distractions à me concentrer. J’en ressors fière.

Alexandra Chaumont, peintre

Peintre au féminin

Alexandra Chaumont
Le métier de peintre est celui qui attire le plus de femmes dans l’industrie de la construction et on observe des progrès marqués pour ce métier

Lorsqu'on lui demande si elle exerce un métier difficile pour une femme, sa réponse est optimiste : « Il n'y a plus de métiers strictement d'hommes ou de femmes. Oui, physiquement, les chaudières de peinture, c’est lourd, mais les muscles se développent. J’ai le vertige lorsque je me retrouve à peindre dans les hauteurs, mais je me concentre sur le travail à faire afin que cela ne prenne pas trop de place ». Selon Alexandra, ce sont les habiletés humaines qui font la différence. « Bien sûr, tout dépend de l’éducation qu’on a reçue. Ma mère a toujours exercé un métier non traditionnel comme camionneuse puis sur les équipements pétroliers, j’avais déjà un bon exemple. Exercer un métier traditionnellement masculin exige de la débrouillardise. Comme fille, il faut avoir une tête forte, apprendre à se dégêner, savoir remettre quelqu’un à sa place ou ignorer une mauvaise blague, mais les gars sont sympathiques; ils sont contents de nous intégrer dans les équipes sur les chantiers, et les clients sont heureux de voir des femmes ». Son message ? « Foncez les filles! »

Des projets pleins la tête

Alexandra Chaumont
En 2019, 50 % des diplômées peintres étaient des femmes et 48 % des entrées de nouveaux salariés dans le métier de peintre étaient des femmes.

Actuellement, Alexandra est apprenti de niveau 1. Le travail ne manque pas, même si dans le secteur de la construction, il y a des périodes de chômage, ce qui entraîne un certain stress, car il n’y a pas une garantie d’heures stables, fait-elle remarquer. Cet automne, elle commence à travailler pour Peinture T.E.G. Un jour elle sera compagnon. Elle et son conjoint, carreleur, rêvent de démarrer leur propre entreprise.

Alors que certaines personnes dévalorisent les métiers liés à la construction, elle y trouve un moyen de s’accomplir : « J’apprends tous les jours. Les produits évoluent constamment, il y a toujours des projets différents, des lieux différents. Chaque contrat offre ses défis, et je trouve ça super stimulant ». Comme peintre en bâtiment, en construction neuve ou en rénovation, Alexandra doit commencer par préparer les murs et plafonds afin d’obtenir des supports parfaitement lisses. Elle applique ensuite la peinture, le papier peint ou tout autre revêtement mural. Elle peut également être appelée à réaliser un faux fini, à installer un plancher à l’époxy. « Pour moi qui n’aime pas être assise ni être cloîtrée, c’est un métier concret, parfait! »

Une place à prendre

Alexandra considère travailler dans un domaine qui évolue et se féminise de plus en plus. « Personnellement, je n’ai jamais rencontré de problèmes. J’ai toujours été bien accueillie. Une de mes anciennes collègues du centre de formation professionnelle m’a recommandé pour travailler sur des chantiers. Le métier fait de plus en plus une place aux femmes, notamment avec les subventions aux employeurs, cela rend les emplois plus accessibles pour les femmes ».

Le métier fait de plus en plus une place aux femmes, notamment avec les subventions aux employeurs, cela rend les emplois plus accessibles pour les femmes

Alexandra Chaumont, peintre

Programme d’accès à l’égalité

Le métier de peintre est celui qui attire le plus de femmes dans l’industrie de la construction et on observe des progrès marqués pour ce métier; en 2019, 50 % des diplômées peintres étaient des femmes et 48 % des entrées de nouveaux salariés dans le métier de peintre étaient des femmes. Il s’agit du premier métier dépassant la masse critique de 15 % de femmes — on comptait 18,37 % de femmes dans l’industrie en 2019 — pourcentage ciblé pour favoriser le changement de culture vers une inclusion plus durable, selon l’objectif du Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction (PAEF), mis sur pied par la Commission de la construction du Québec (CCQ).

(...) en 2019, 50 % des diplômées peintres étaient des femmes et 48 % des entrées de nouveaux salariés dans le métier de peintre étaient des femmes

Alexandra Chaumont, peintre
Alexandra Chaumont
« J’ai adoré ma formation. C’était parfois difficile d’être présente aux cours le matin, mais j’ai trouvé la force de persévérer, mon enseignant croyait en moi, et j’avais d’excellents résultats, ce qui m’encourageait ». Alexandra Chaumont.

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