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Caroline Landry, réfrigération, conviction, et implication

Par Compétences Québec,
Caroline Landry
Après avoir intégré le marché du travail, Caroline Landry consulte un conseiller en orientation pour envisager un retour aux études.

Caroline Landry a participé aux Olympiades québécoises en 2006 en Réfrigération, un métier en forte demande qu’elle avait choisi, entre autres raisons, pour son aspect non traditionnel pour une femme.

Aujourd’hui, Caroline occupe un poste de direction dans une entreprise de réfrigération et s’investit auprès des filles qui étudient à l’École Polymécanique de Laval, le centre de formation où tout a démarré pour elle.

Climatisation, chauffage, géothermie

Caroline Landry
Passée par les Olympiades, Caroline continue à soutenir les compétitions en tant que commanditaire des épreuves en réfrigération.

Caroline Landry est directrice des succursales du groupe Master pour la région de Montréal. L’entreprise, distributeur en climatisation, chauffage, qualité de l’air et géothermie depuis 1952, l’a embauchée quelques mois avant la fin de sa formation comme représentant en succursale.

Elle avait alors 23 ans. « Il y avait très peu de femmes à l’époque, mais on en retrouve de plus en plus au sein de l’entreprise, » se réjouit-elle. Reconnu parmi les 50 sociétés les mieux gérées au Canada, l’entreprise compte 29 succursales et poursuit son expansion à travers le Canada et les États-Unis. « Je m’assure que les opérations se déroulent bien, les commandes en ligne, et je gère 90 employés. Ce n’est pas qu’un boulot pour moi, mais une façon de me réaliser et une source de plaisir. »

Compétition et partenariat

Caroline Landry
Parmi les mesures incitatives, Caroline soulève l’importance du mentorat afin de rencontrer directement les élèves, et en particulier les filles, afin d’échanger avec eux.

Native du Bic, dans le Bas-St-Laurent, Caroline Landry a abandonné l’école à 16 ans et s’est retrouvée sur le marché du travail. À 19 ans, après la naissance de son fils alors qu’elle habitait désormais Lachenaie, elle a entrepris une démarche auprès d’un conseiller d’orientation afin de retourner aux études.

Le métier de frigoriste est ressorti des tests de personnalité. Caroline s’est alors informée sur les perspectives d’emploi et conditions. Rassurée par le bon taux de placement, elle s’est inscrite à l’École Polymécanique de Laval : « J’ai eu le soutien de ma famille et un bel accueil de mes camarades de classe. Il y avait même à l’époque une certaine discrimination positive de la part des employeurs, » raconte-t-elle.

Douée d’un bon sens de la compétition, ses enseignants lui proposent de vivre l’expérience des Olympiades. À l’époque, l’arrivée sur le site des compétitions lui avait fait un grand effet : « C’était grandiose, presque intimidant. Quelle belle organisation, se rappelle Caroline. J’étais fier de représenter les femmes dans ce secteur et j’ai terminé avec une 4e place ».

De candidate à commanditaire

Comme l’âge de Caroline ne lui permettait pas d’aller se mesurer aux candidats canadiens, l’aventure des Olympiades aurait pu se terminer là pour elle, mais elle est aujourd’hui une fière commanditaire des Olympiades.

Les Olympiades offrent aux jeunes une expérience de situations de vie, de gestion du stress. C’est aussi une organisation dynamique. La passion et la détermination des jeunes sont belles à voir. Les professeurs qui donnent leur temps. Il y a là dans les Olympiades, une superbe belle énergie, que du positif !

Caroline Landry, directrice de succursale pour le groupe Master

En effet, en tant que fournisseur Or pour les Olympiades, le groupe Master prête du matériel lors des épreuves en réfrigération. En 2018, lorsque les Olympiades ont eu lieu à Montréal, c’est son ancien professeur et entraîneur François Beaudry de l’École Polymécanique de Laval qui supervisait la compétition en réfrigération.

Riche de son expérience sur la scène des Olympiades et dans les coulisses, Caroline Landry suit toujours les compétitions avec intérêt :

« Les Olympiades offrent aux jeunes une expérience de situations de vie, de gestion du stress. C’est aussi une organisation dynamique. La passion et la détermination des jeunes sont belles à voir. Les professeurs qui donnent leur temps. Il y a là dans les Olympiades, une superbe belle énergie, que du positif ! » résume Caroline.

Un exemple à suivre : le mentorat

Depuis quelques années, la directrice s’investit auprès des jeunes filles qui étudient dans des secteurs majoritairement masculins. Un mentorat qu’elle exerce à l’École Polymécanique de Laval :

« Je vais dîner de temps à autre avec une élève qui vit une situation comme celle que j’ai vécue, comme femme dans un métier traditionnellement masculin et comme jeune maman qui retourne aux études. Nous partageons sur ses questionnements. »

Pour elle, il ne fait pas de doute que pour aider à la valorisation de la formation professionnelle et des métiers traditionnellement masculins auprès des filles, il faut aller à leur rencontre dans les écoles secondaires.

Je vais dîner de temps à autre avec une élève qui vit une situation comme celle que j’ai vécue, comme femme dans un métier traditionnellement masculin et comme jeune maman qui retourne aux études. Nous partageons sur ses questionnements.

Caroline Landry, directrice de succursale pour le groupe Master

Le métier de frigoriste

Méconnu, le DEP en réfrigération est un programme tout désigné pour les jeunes qui ont des habiletés à la fois manuelles et analytiques.

Les qualités recherchées ? Précision, minutie, une bonne condition physique, une aisance dans les hauteurs et la capacité de résister au stress, au froid et à la chaleur.

« C’est une discipline qui exige de la concentration et un bon sens logique, indique Caroline, car le métier fait appel à la résolution de problèmes. »

La formation de 1800 heures est échelonnée sur une période de deux ans. Après l’obtention de leur diplôme, les apprentis obtiendront le statut de compagnon après avoir travaillé 8 000 heures. Les frigoristes évoluent dans différents milieux (travaux public, industries agroalimentaires, secteur résidentiel, commercial, etc.).

Avec un excellent taux de placement (94,2 % 1) et un salaire moyen annuel de 64 492 $, voire de 75 934 $ pour ceux qui travaillent au moins 500 heures, c’est un métier qui offre d’excellentes perspectives aux jeunes qui recherchent un métier d’avenir.

La place des femmes

Pour Caroline, emprunter une avenue traditionnellement masculine demande une bonne dose de confiance en soi.

Selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ), il y avait 11 femmes frigoristes au Québec en 2013, ce qui représente 0,3% de la profession.

Ce pourcentage est monté à 1% en 2018, avec 33 femmes pour 3231 hommes. Le métier a été classé en 2013 dans la catégorie rouge du Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction PAEF (moins de 1 % de femmes) dont la cible 2018 vise la catégorie jaune (de 1 % à 3 % de femmes).

Des mesures incitatives

À travers le Québec, différentes mesures ont été mises en place pour favoriser l’accès des femmes et leur persévérance dans les programmes de formation traditionnellement masculins.

L’École des métiers de la construction de Montréal, par exemple, en collaboration avec Intégration Jeunesse Québec (IJC), offre un service de soutien et d’accompagnement gratuit en confidentiel pour les femmes pendant la formation et l’emploi.

Certains milieux traditionnellement masculins opposent une résistance à la présence des femmes. Selon la Commission de la construction du Québec (CCQ), les « principales causes qui poussent les femmes à quitter l’industrie sont la discrimination, le harcèlement et l’isolement. »

1 CSN Construction
Caroline Landry
Elle choisit un DEP en réfrigération qui lui permet aujourd’hui d’exercer chez le groupe Master, spécialiste en produits de chauffage, ventilation, climatisation et réfrigération au Canada.

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