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La relève en région, rencontre avec Valérie Boisvert et Félix Champagne

Publié le : 15 août 2023
La relève en région, rencontre avec Valérie Boisvert et Félix Champagne

Valérie Boisvert, 27 ans et Félix Champagne, 26 ans, se sont connus alors qu’ils étaient élèves en Production agricole. Aujourd’hui mariés, parents de trois enfants, ils opèrent une petite ferme de lait de brebis dans les Cantons-de-l’Est. Pour eux, choisir de vivre de l’agriculture est un risque calculé, mais c’est surtout un mode de vie fait de labeur, de rigueur et de passion. Entrevue en duo.

Quotidien d'une ferme laitière

Quotidien d

Au moment où nous joignons Félix et Valérie au téléphone, un mardi matin, leur journée est déjà bien entamée : ils ont déjà fait le train du matin, puis sont rentrés à la maison vers sept heures pour le déjeuner des enfants, ils ont reconduit les deux plus vieux, Auguste et Charlie, à la garderie alors que Tristan, petit poupon de deux mois, est demeuré à la maison avec sa maman… et il y a la traite du soir qui les attend. « Notre quotidien est rythmé par la ferme et les saisons, explique Félix. En été, il y a les travaux aux champs, en hiver, l’entretien et le nettoyage, il faut aussi tondre les moutons, voire à la santé de chacun… »

Mais qu’est-ce qui motive deux jeunes à démarrer une ferme laitière de brebis en 2023? Valérie nous répond : « La ferme, c’est un mode de vie. Nous, on est heureux là-dedans, mais bien sûr, notre réalité est différente de bien d’autres jeunes; les congés, les voyages, ce n’est pas possible pour nous. Mais les enfants participent et adorent les agneaux. On est bien dans le calme de la campagne, en famille. On est fiers de notre métier et fiers de ce que nous avons bâti. »

La saison des études

La saison des études

Le choix d’aller étudier pour devenir fermier, Félix dit l’avoir fait sur un coup de tête : « Je ne connaissais pas vraiment la ferme, bien que j’aie toujours aimé les animaux. J’étais alors au cégep, mais j’ai décidé de me lancer dans le vide et de suivre ce que me disait mon instinct. » De son côté, Valérie avait d’abord choisi un autre chemin : « J’ai fait la formation de coiffeuse et travaillé quelques années avant de réaliser que ce n’était pas pour moi. »

Fille d’un père fermier, elle savait à quoi s’attendre au moment de bifurquer vers la production animale : « Je sais ce que la ferme implique, mais je suis une personne travaillante, dit-elle. C’est un métier qui convient aux personnes endurantes, calmes et dotées d’une bonne endurance physique. Il faut aussi avoir une bonne santé, physique et mentale, notamment pour faire face aux soucis financiers. Heureusement, à deux, on s’appuie l’un sur l’autre, on s’entraide et on s’encourage. »

L’amour est dans le pré de la ferme-école!

L’amour est dans le pré de la ferme-école!

Félix et Valérie sont devenus amoureux au Centre de formation professionnelle de Coaticook (CRIFA), une école dynamique offrant 13 programmes, dont celui de Production animale. Pendant les douze mois de leur formation, Valérie et Félix ont appris à donner les soins aux animaux.

À travers différents types de production, ce diplôme d'études professionnelles (DEP) initie les élèves à la traite, à la pesée, à la reproduction biologique et au déplacement des animaux. « Les enseignants sont compétents et nous apprennent à prendre du plaisir dans les différentes tâches, raconte Félix. On a tissé des liens forts au CRIFA. »

La ferme, c’est un mode de vie. Nous, on est heureux là-dedans, mais bien sûr, notre réalité est différente de bien d’autres jeunes; les congés, les voyages, ce n’est pas possible pour nous. Mais les enfants participent et adorent les agneaux. On est bien dans le calme de la campagne, en famille. On est fiers de notre métier et fiers de ce que nous avons bâti. »

Valérie Boisvert, dipômée en Production animale

Apprendre à travailler à la ferme

La formation comprend également les bases pour l’entretien de la machinerie, de l’équipement et des bâtiments agricoles, la conduite du tracteur et les travaux des champs. « La formation est très concrète, commente Valérie, les stages nous permettent de considérer les différents secteurs de production, nous passons de longs séjours dans différentes fermes et en parallèle, à la ferme-école, on apprend l’ABC des récoltes, de la gestion et de l’entretien, selon les saisons. »

La naissance d’un projet agricole

Très bons élèves, Valérie et Félix caressaient déjà le projet de devenir éleveurs pendant leurs études. Rapidement après l’obtention de leur diplôme, dès 2017, ils ont présenté leur plan d’affaires et ont obtenu leur prêt agricole. Les choses se sont rapidement mises en place dans le joli village de Sainte-Catherine-de-Hatley, sur la ferme familiale du père de Valérie qu’ils utilisent comme locataires.

Ils ont acheté 50 bêtes au départ, puis 25 autres. Pendant une année, Valérie a conservé un travail à l’extérieur avant que le couple atteigne un seuil de rentabilité. Les deux jeunes fermiers sont aussi allés acquérir des compétences en gestion d’entreprise agricole en complétant une attestation d'études collégiales (AEC) à distance, par les soirs, au cégep de Beauce.

Aujourd’hui, leur troupeau compte 175 moutons et fourni en lait une fromagère de la région, chez Fromagerie Nouvelle France.

La relève agricole

La relève agricole

Les médias nous le rappellent périodiquement : les terres agricoles du Québec s’envolent à prix d’or. Leur valeur moyenne a bondi de 248 % au cours des 10 dernières années, selon le plus récent bilan de Financement agricole Canada. Surenchère, spéculation, les jeunes qui décident de partir en affaires doivent avoir le cœur - et les reins! - solide.

Les entreprises qui ont une relève représentent 22 % de l’ensemble des entreprises agricoles québécoises. Cette proportion est restée la même entre les années 2011 et 2016, tandis qu’elle est passée de 16 % à 18 % pour l’ensemble des régions canadiennes. Au Québec, ce pourcentage représente 7 500 jeunes.

Fait intéressant, les jeunes ont la fibre entrepreneuriale; plus du tiers des jeunes de la relève agricole se sont établis en démarrant une entreprise, un mode d’établissement qui gagne en popularité depuis l'année 2006. En 2016, le recensement de la relève agricole établie du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a permis d’estimer que les ovins — les moutons — sont la principale source de revenus de 3% des jeunes établis en agriculture au Québec.

Ils sont aussi de plus en plus formés : 82 % d’entre eux possèdent un diplôme postsecondaire. Parmi ces derniers, 68 % sont spécialisés en agriculture.

Financière agricole du Québec. La relève agricole établie est formée de tous les jeunes agriculteurs et agricultrices de moins de 40 ans possédant au moins 1 % des parts d’une entreprise agricole.

 

Les jeunes femmes en agriculture

Les jeunes femmes en agriculture

Les jeunes agricultrices représentent un peu plus du quart de la relève, soit 27 %. Depuis 2008, la relève féminine représente au moins 30 % des établissements en agriculture chaque année. Dans le secteur ovin, ce pourcentage atteint 44 %. La majorité des jeunes agricultrices sont âgées de 25 à 34 ans au moment de leur établissement, alors que la plupart des jeunes agriculteurs ont moins de 25 ans.

Compter les moutons

Dans les prochaines années, Valérie et Félix caressent le rêve d’agrandir leur cheptel et d’améliorer leurs installations. Ils éprouvent bien de la gratitude pour l’aide qu’ils reçoivent du père de Valérie pendant les périodes plus intenses sur la ferme. Ils sont confiants pour l’avenir. « Le métier est gratifiant, confie Valérie. Comme ça va bien, on peut être optimistes…et bien dormir le soir! » Aimeraient-ils que leurs enfants suivent leurs traces? « Oui, bien sûr, mais seulement si ça leur plaît. », répondent-ils de concert.

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