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Mélissa Maltais, une carrière passionnante dans les barrages

Publié le : 21 Novembre 2022

Ce portrait fait partie de la série Diversité FPT, une initiative soutenue par la Fondation RBC et réalisée par Compétences Québec. Par l’entremise d’une trentaine de portraits de tous les horizons, cette série propose une diversité de points de vue sur la formation professionnelle et technique et les métiers spécialisés au Québec.

Mélissa Maltais est née à Clermont, dans Charlevoix. Son père travaillait dans une usine alors que sa mère était préposée aux bénéficiaires. Mélissa était une élève calme et intéressée, forte en mathématiques et en sciences. Pendant sept ans, à l’exemple de son grand frère, elle a fait partie des cadets, puis elle a été réserviste dans l’armée canadienne; cela lui a permis de voyager, de se dépasser et d’apprendre une foule de choses en forêt. « Un de mes instructeurs faisait le métier de technologie en géodésie. Il a été une source d’inspiration pour moi, » nous confie-t-elle.

Formation à Québec

Au cégep, Mélissa s’est d’abord dirigée en sciences pures mais elle constate rapidement que sa nature plus manuelle et son goût du terrain la porte à se diriger vers une formation technique.

Au cégep, Mélissa s’est d’abord dirigée en sciences pures, avec pour objectif de poursuivre au collège militaire ou à l’université, mais elle a constaté que sa nature plus manuelle et son goût du terrain seraient davantage mis à profit par une formation technique.

Elle s’inscrit alors au cégep Limoilou en technologie de la géomatique, arpentage et géodésie, un domaine où elle performe et se réalise. « J’ai adoré mes études. Le développement constant de nouvelles technologies en lien avec la géomatique, les travaux sur les logiciels spécialisés, tout était passionnant. Les cours étaient concrets, variés, et les autres étudiants et moi partagions des profils similaires et des intérêts communs. Je m’y suis fait des amis pour la vie! »

Premiers pas sur le marché du travail

Son choix se porte sur le cégep Limoilou afin de suivre une formation en technologie de la géomatique, arpentage et géodésie.

Au tournant de l’an 2000, le marché de l’emploi offrait peu d’ouvertures intéressantes à Mélissa, particulièrement dans son champ d’études. Malgré un travail à temps plein dans une entreprise d’arpentage, elle peine à boucler son budget avec son maigre salaire, si bien qu’après un an la jeune femme de 20 ans retourne aux études en génie mécanique, toujours au cégep Limoilou : « Je travaillais alors à temps partiel en arpentage tout en apprenant ce nouveau métier qui me plaisait beaucoup, notamment parce que j’aime dessiner en 3D. » Mais, en 2003, la charge de travail malmène sa motivation à continuer ses études.

Métier : inspectrice de barrages

En 2005, alors employé par le Département de géodésie du cégep, Hydro-Québec ouvre une poste en inspection et surveillance des barrages et en arpentage. Elle postule et déroche l’emploi.

Heureusement, la chance sourit à Mélissa : elle postule à un concours gouvernemental et décroche un emploi à la surveillance des barrages au sein du Centre d’expertise hydrique du Québec, un organisme chargé, entre autres, de répertorier tous les petits barrages sur le territoire québécois. « Cet emploi m’a menée en expédition partout sur le territoire avec un coéquipier pour retrouver et mesurer d’anciens barrages de drave abandonnés, souvent excentrés en forêt, et qu’on recherchait en véhicule tout-terrain ou en motoneige. »

Les leçons du déluge

Elle déménage dans la région de Manicouagan où elle s’épanouit dans le petit village de Pointe-aux-Outardes.

Ce contrat découle de la Loi sur la sécurité des barrages que le gouvernement québécois a mis en application dans la foulée de la Commission scientifique et technique sur la gestion des barrages (commission Nicolet) après le déluge du Saguenay, en 1996, dans le but de protéger les personnes et les biens contre les risques associés à la présence de ces ouvrages.

À cet emploi, Mélissa développe son expertise en microgéodésie pour la réalisation de l’auscultation topographique des ouvrages ainsi que pour l’auscultation géotechnique, où les notions acquises en génie mécanique lui sont fort utiles.

Comme pour ses années dans la réserve, elle se retrouve minoritaire comme femme dans un milieu traditionnellement masculin, mais elle s’intègre aisément et se sent bien accueillie.

Une carrière à Hydro-Québec

Depuis 2013, Mélissa est technicienne intermédiaire en suivi de comportements de barrages.

Une autre occasion se présente à Mélissa en 2005, tandis qu’elle est à l’emploi du Département de géodésie du cégep Limoilou : un poste à Hydro-Québec correspondant parfaitement à son expertise en inspection et surveillance des barrages et en arpentage. Encouragée par ses collègues, elle tente sa chance, obtient le poste et entreprend sa carrière au sein de l’équipe montréalaise d’auscultation topographique.

Alors que le barrage Eastmain commence sa mise en eau, Mélissa est chargée avec ses collègues de mesurer la réaction du barrage à la montée du réservoir. Elle est ravie : « Je rêvais de travailler sur de gros barrages et j’ai toujours eu l’appel des grands espaces.

L’industrie hydroélectrique, au Québec, constitue un de nos fleurons, et c’est passionnant. C’est magique de se dire qu’en quelques minutes seulement ces aménagements sont en mesure de répondre aux pics de consommation électrique. »

Déménagement dans la région de Manicouagan

Les techniciennes et les techniciens en génie civil réalisent des plans détaillés pour des projets d’infrastructures (routes, services publics, etc.) et des projets de structures de bâtiments.

En 2006, lors d’une opération de centralisation des emplois en région chez Hydro-Québec, Mélissa déménage sur la Côte-Nord, prête à vivre de nouvelles expériences dans un milieu de vie qui l’a toujours attirée. Elle s’installe à Pointe-aux-Outardes, un petit village qui s’avance dans le fleuve et offre des kilomètres de plages.

Elle trouve une qualité de vie incroyable dans son nouveau milieu. « Je suis une chasseuse et une pêcheuse, alors la Côte-Nord est parfaite pour moi! » En participant à l’équipe de hockey-bottines de son village, elle rencontre son conjoint avec qui elle a aujourd’hui deux enfants. Lorsqu’elle n’est pas au travail, Mélissa cultive un jardin de permaculture. Elle aimerait bien le développer à la retraite.

Minoritaire dans un monde masculin

Depuis 2013, Mélissa est technicienne intermédiaire en suivi de comportements de barrages. Sa tâche principale est de valider les données des inspecteurs de terrain et de l’instrumentation automatisée, notamment en montant des graphiques et en validant analytiquement les résultats pour éliminer le bruit. « En tant que femme dans un univers encore masculin, j’ai évidemment eu un peu d’appréhension, mais j’ai grandi dans un contexte masculin en passant tous mes étés de jeunesse dans le bois, sur une zec avec mon père et mon frère, et j’ai toujours voulu donner mon maximum pour être à la hauteur de la confiance que l’on m’accordait au travail, raconte-t-elle.

« Ce que j’ai appris, c’est qu’il est important de se faire confiance, que la force physique n’est pas tout, qu’on ne doit pas se mettre de barrière. Il faut oser! C’est encore plus vrai en tant que femme! À celles qui pensent à étudier dans les métiers traditionnellement masculins, je dirais : ayez confiance en vous, prenez votre place! »

Mélissa Maltais, technicienne, Barrages et ouvrages de génie civil, Hydro-Québec

Ma fonction est essentielle et je prends mon rôle au sérieux. Hydro-Québec est une belle entreprise. Je dis souvent pour faire image que c’est comme si je travaillais en médecine préventive, alors que je scrute le comportement des barrages. J’aime aussi le côté créatif qu’il y a dans le métier, car nous cherchons à faire des graphiques, des plans, des rapports et autres supports visuels clairs et efficaces qui sont utiles aux ingénieurs dans leurs analyses. »

Les femmes à Hydro-Québec1

Au sein d’Hydro-Québec, les femmes occupent 4,4 % des tous les emplois du groupe « Métier » (ou 258, parmi lesquelles 26 femmes sont aussi Autochtones2), 10,6 % du groupe « Technologie » (ou 276, parmi lesquelles 3 femmes sont aussi Autochtones), 21,6 % du groupe « Ingénieur » (ou 489, parmi lesquelles 2 femmes sont aussi Autochtones) et 2,2 % des cadres (ou 575, parmi lesquelles 5 sont femmes sont aussi Autochtones).

Différentes initiatives prennent place dans l’entreprise pour encourager et soutenir les femmes en milieu traditionnellement masculin, entre autres la participation au projet Femmes inspirantes mené par Anik St-Pierre, financé par le Secrétariat à la condition féminine (SCF), qui vise à faire connaître aux filles les métiers non traditionnels dès le primaire.

Un projet confié à Geneviève Godbout dans le but d’attirer des jointeuses et monteuses potentielles issues de la diversité par l’entremise de travail sur le terrain et de partenariats; la collaboration avec l’organisme « Action travail des femmes » (ATF) pour faire connaître nos emplois, la Semaine de l’inclusion où une journée est dédiée aux femmes et des consultations, des ateliers, des conférences.

Le métier de technicienne en génie civil

Les techniciennes et les techniciens en génie civil réalisent des plans détaillés pour des projets d’infrastructures (routes, services publics, etc.) et des projets de structures de bâtiments. Ils effectuent des enquêtes terrain (arpentage, analyse de sols, indices de contamination) et préparent des soumissions et des devis de construction.

Vous pouvez consulter les autres vidéos liées à la formation et au métier sous l’onglet Liens utiles et vidéos de la page programme de formation Technologie du génie civil.

Dans le cadre de leur travail, ils peuvent avoir à coordonner des travaux de construction pour s’assurer de leur conformité aux plans et aux devis. C’est un métier de résolution de problèmes qui exige un bon sens de l’observation, de la débrouillardise et de la minutie. Un emploi de technicien en génie civil convient aux personnes qui ont des habiletés en dessin et en science et qui aiment travailler en équipe.

  1. Données les plus récentes (31 juillet 2022) fournies par Hydro-Québec.
  2. Les données relatives aux personnes autochtones sont basées sur l’auto-identification volontaire.
RBC Foundation/Fondation